Faut-il continuer parce qu’on a déjà beaucoup donné ?
Kerfala Lamine · Réflexion issue de Lève-toi et marche
La question
Les efforts d'hier peuvent-ils devenir une raison suffisante pour engager ceux de demain ?
Une histoire qui éclaire
Une situation illustrative, et non un témoignage identifié.
Une personne prépare depuis deux ans une reconversion. Elle a économisé, suivi des cours et parlé de son projet à ses proches. Une nouvelle exigence apparaît : la qualification visée ne lui permettra pas de travailler dans le pays où elle souhaite s'installer. Pour continuer, il faudrait reprendre une partie de la formation et dépenser une somme qu'elle ne possède pas.
Elle hésite moins à cause des nouvelles conditions que de tout ce qu'elle a déjà engagé. Abandonner lui donnerait l'impression de reconnaître publiquement que ces deux années n'ont servi à rien.
Une idée que l’on explore
Le temps et l'argent déjà dépensés appartiennent à l'histoire du projet. Ils méritent d'être reconnus. Mais ils ne peuvent pas être récupérés simplement en en dépensant davantage. La décision d'aujourd'hui concerne surtout les ressources que nous pouvons encore choisir d'engager.
Cette idée paraît froide lorsque le projet a une signification intime. Il a peut-être porté une promesse faite à la famille, une envie d'échapper à une situation difficile, une identité construite pendant des années. Changer de direction ne fait pas disparaître cette histoire. Il ne la condamne pas non plus.
Il existe plus de deux choix. On peut suspendre jusqu'à l'obtention d'une condition, limiter les dépenses, déplacer une compétence vers un usage proche, ou conserver un projet à petite échelle. Et parfois, poursuivre reste le meilleur choix, parce que l'obstacle peut être franchi sans compromettre le reste de la vie.
Ce que cela change
Avant de décider, isole ce qui a déjà été engagé de ce que la suite demanderait. Qu'attends-tu précisément de la prochaine étape ? Qu'as-tu appris qui pourrait te servir ailleurs ? Une décision juste peut honorer un effort ancien sans lui laisser commander tous les efforts futurs.