
Lève-toi et marche
On peut travailler beaucoup, apprendre, respecter les règles, et sentir pourtant que sa vie n’avance pas dans la direction espérée. Parfois, ce qui manque n’est pas un effort supplémentaire. C’est une autre manière de regarder les chemins possibles.
Dans « Lève-toi et marche », Kerfala Lamine accompagne celui qui veut faire évoluer une situation sans prétendre que tout dépend de sa volonté. Il s’agit de reconnaître ce qui doit tenir, d’examiner une voie, de la confronter au réel et de construire, pas à pas, ce qui mérite de durer.
Ce livre ne promet ni raccourci ni réussite certaine. Il aide à poser une question plus concrète : parmi les possibilités que tu n’as pas encore suffisamment regardées, laquelle mérite aujourd’hui ton attention ?
Quatre mouvements, une même exigence : partir de ta vie réelle.
Voir les conditions de sa vie telle qu’elle est, sans sous-estimer les obstacles ni les ressources.
Comparer des chemins réels, leurs exigences et les raisons de leur accorder du temps.
Faire un premier essai, recevoir une réponse et apprendre ce qu’elle permet vraiment de conclure.
Donner une place au deuxième étage, sans fragiliser le premier.
Quelques pages pour entrer dans le livre
La note d’auteur et quatre courts passages. Lecture libre, sans inscription.
Pourquoi j’ai écrit ce livre
À une période de ma vie professionnelle, je me suis retrouvé dans une situation dont je ne savais plus comment sortir.
Je travaillais, je me formais, j’obtenais des certifications, j’atteignais mes objectifs. J’avais parlé à mes supérieurs, puis écrit à leurs supérieurs. J’avais redoublé d’efforts, avec l’idée que mon travail finirait par être reconnu et que de nouvelles perspectives s’ouvriraient à moi.
Pourtant, malgré tout cela, ma situation n’évoluait pas.
Un jour, je suis allé demander conseil à une personne. Je lui ai raconté mon parcours, mes démarches, mes efforts et ce que je ressentais face à cette situation.
Elle m’a écouté, puis m’a répondu :
« Je ne sais pas ce que tu dois faire ni dans quelle direction tu dois aller, mais je sais une chose : si tu ne fais rien, rien ne va se passer. »
Cette phrase a profondément changé ma manière de voir les choses.
Quand les efforts ne changent pas la situation
On peut rentrer épuisé d’une journée bien remplie et avoir, malgré tout, l’impression de n’avoir pas avancé d’un pas vers la vie que l’on souhaite construire.
Ce n’est pas forcément une impression injuste. Dans une journée, il y a le travail accompli, les démarches faites, les obligations honorées. Et puis il y a ce que ces efforts ont réellement changé. Les deux ne progressent pas toujours ensemble.
Tu as peut-être terminé une formation qui devait ouvrir des portes. Tu as cherché un emploi pendant des mois. Tu as repris des études après une longue interruption, envoyé des candidatures, présenté un projet à plusieurs personnes, attendu une réponse qui n’est jamais venue. Ou tu as continué à faire correctement un travail dont tu ne vois plus comment il pourrait te conduire ailleurs.
Il serait insultant de dire que tu ne fais rien. Tes journées peuvent être remplies d’efforts que presque personne ne voit. Tu peux t’appliquer, apprendre, persévérer, recommencer après un refus. Et avoir de bonnes raisons de te demander pourquoi tout cela ne produit pas davantage de résultats.
À cette question, on répond souvent par un conseil supplémentaire : travailler encore plus, acquérir une compétence de plus, attendre d’avoir davantage d’expérience, faire preuve de patience. Il arrive que ce conseil soit pertinent. Certaines choses demandent réellement du temps et de la pratique. Mais il arrive aussi qu’il nous renvoie exactement dans la situation dont nous cherchons à sortir.
Pour comprendre pourquoi, il faut regarder non seulement les efforts fournis, mais aussi le chemin sur lequel ils sont engagés.
Ce qui doit tenir et ce qui peut se construire
Nous avons appelé premier étage ce qui permet à notre vie de tenir aujourd’hui.
Le deuxième étage désigne ce que nous cherchons à construire, acquérir ou rendre possible pour disposer de davantage de choix demain et donner plus de place à ce qui compte pour nous.
Il peut s’agir d’une compétence, d’une qualification, d’une expérience vérifiable, d’une réserve d’argent, d’un réseau de personnes avec lesquelles nous pouvons réellement travailler, d’une œuvre, d’une meilleure organisation de notre vie ou d’une possibilité de mobilité.
Il peut aussi prendre une forme beaucoup moins spectaculaire.
Une personne peut vouloir rester dans son métier mais acquérir suffisamment d’autonomie pour refuser certains horaires. Une autre peut chercher à réduire ses dépenses afin de travailler moins. Une troisième veut apprendre une langue pour parler avec une partie de sa famille. Quelqu’un souhaite simplement disposer de davantage de temps avec ses enfants. Une autre personne veut vivre dans un endroit plus calme, sans ambition particulière de gagner davantage.
Les récits de réussite et ce qu’ils cachent
Les récits de réussite ont souvent un défaut involontaire : ils commencent au moment où une direction s’est révélée juste. Une personne raconte comment elle a obtenu son premier client, décroché un emploi ou réussi son départ. Nous découvrons le chemin une fois que nous connaissons déjà son issue.
Au moment de choisir, cette personne ne savait pourtant pas ce qui allait se passer. Elle ignorait quels contacts répondraient, quelles démarches échoueraient et quelle partie de son projet devrait être modifiée. Elle a peut-être bénéficié d’un appui qu’elle ne mentionne plus, d’une période favorable ou de compétences accumulées longtemps avant le résultat visible.
Lorsque nous prenons ce récit comme un itinéraire à reproduire, nous risquons de sous-estimer précisément ce qui rendait la réussite possible. Nous comparons notre départ à l’arrivée de quelqu’un d’autre, puis nous nous demandons pourquoi la même méthode ne fonctionne pas chez nous.
Un témoignage peut nous apprendre beaucoup si nous lui posons les questions que le récit ne formule pas spontanément : qu’avait cette personne au départ ? Qu’a-t-elle dû apprendre ? Quels risques pouvait-elle supporter ? Quelles démarches n’ont pas fonctionné ? Qu’aurait-elle fait différemment ? Quelle part de son expérience peut réellement être transposée dans notre situation ?
Il existe une autre manière de subir ces récits. À force de voir les réussites des autres, on finit par croire qu’il faudrait s’engager dans plusieurs voies à la fois : améliorer ses finances, lancer un projet, apprendre une compétence, partir, publier, investir, se rendre visible. Chaque possibilité semble promettre quelque chose qu’il serait dommage de manquer.
La première rencontre avec le réel
Il existe un moment où une possibilité cesse d’être seulement une idée. Quelqu’un d’autre la voit, l’utilise, l’écoute, la lit, la touche ou décide simplement de lui consacrer quelques minutes. À partir de cet instant, le projet n’appartient plus entièrement à notre imagination.
Avant ce contact, nous pouvons améliorer longtemps une proposition sans savoir ce qu’elle produira hors de notre tête. Nous pouvons comparer des formations, regarder des vidéos, construire un prototype, écrire une présentation, corriger un service, choisir un prix. Tout cela peut être utile. Mais une idée reste protégée tant qu’elle n’a pas rencontré les conditions réelles dans lesquelles elle devra exister.
Le premier contact n’a donc pas pour fonction de prouver que nous avions raison. Il sert à apprendre quelque chose que la préparation seule ne pouvait pas nous dire.
Sortir de la chambre d’essai
La jeune femme qui travaille dans une reprographie observe depuis quelque temps une difficulté récurrente. Des artisans viennent faire imprimer des affiches, des listes de prix ou des documents simples. Plusieurs repartent avec des supports peu lisibles, parfois préparés dans l’urgence sur un téléphone. Elle sait mieux organiser l’information et utiliser les outils de mise en page disponibles au travail. Elle se demande si cette compétence pourrait être utile au-delà de ses tâches habituelles.
Le lien de paiement est prêt. La vente sera ouverte dès que le téléchargement sécurisé aura été testé.
Prolonger les questions du livre
Douze réflexions nouvelles, à lire librement, dans les six rubriques du site.
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